Coût du pétrole : pourquoi le secteur aérien va poursuivre sa croissance

Une consommation réduite des deux-tiers en un demi-siècle

 

En dépit du renchérissement du prix du pétrole à l’occasion des différents chocs pétroliers, les efforts réalisés par le secteur aérien ont permis d’obtenir des résultats majeurs. Sur ces cinquante dernières années, les améliorations technologiques et les optimisations d’exploitations ont permis une réduction des deux-tiers de la consommation des avions de ligne.

 

De fait, en vingt-cinq ans, la consommation de kérosène ramenée au kilomètre et au siège a, grosso modo, a-t-elle été divisée par quatre et, dans le même temps, la consommation de pétrole, elle, a vu sa part passer de 7 à 5 % (voir infographie).

 

Des avions moins gourmands, des économies de consommation

Les constructeurs aéronautiques ont pris différentes mesures pour réduire cette consommation.

  • Allègement des appareils, grâce notamment aux matériaux composites, largement utilisés sur les Airbus A 350, les Boeing 787 Dreamliner,
  • Utilisations de réacteurs plus performants et moins gourmands en kérosène. Avec au passage une réduction sensible et progressive d’émissions de gaz carboniques, d’oxydes d’azote et du bruit.

 

En moyenne actuellement, un avion consomme 4 litres de carburant par passager aux 100 km, chiffre qui tombe à 3 litres sur un A 380 et 2 litres sur un A 350. A titre de comparaison, une voiture particulière consomme en moyenne 6 litres aux 100 km pour 1,2 passager.

D’ici 20 ans, les avions devraient être encore 25 à 30 % moins gourmands que ceux que nous connaissons aujourd’hui [1].

 

En matière de lutte contre la pollution, les compagnies aériennes ont également pris l’engagement de poursuivre les efforts. D’ici 2020, elles se sont engagées à neutraliser l’emprunte carbone du secteur et de réduire les émissions de gaz à effet de serre de 50% d’ici 2050. Et parallèlement, l’industrie aéronautique multiplie les investissements destinés à accompagner la transition environnementale.

 

Les compagnies ont adapté leur modèle pour gagner en rentabilité

Les compagnies aériennes ont également modifié leurs pratiques pour gagner en rentabilité. C’est pourquoi elles recherchent des aéroports qui soient avant tout de véritables carrefours régionaux (des hubs) leur garantissant de pouvoir accroitre leur rotation (nombre de vol par jours) et leur taux d’emport (nombre de passagers par vol). C’est la condition de leur rentabilité. Et une justification supplémentaire du transfert vers le site de Notre-Dame des Landes.

 

A moyen terme, les marges d’économie et de productivité sont très grandes. L’Union européenne « chiffre à 5 milliards d’euros par an le gaspillage généré par une gestion de l’espace aérien inefficace, qui revient à allonger de 42 kilomètres en moyenne la longueur des vols en Europe [2] ».

 

 

Une croissance du trafic qui va se poursuivre, selon l’Organisation de l’aviation civile internationale

Conjointement à la hausse soutenue de la demande (venue les pays émergents notamment), le transport aérien va donc poursuivre sa croissance. En hausse de 5 % en 2012 le trafic vient de dépasser les 3 milliards de passagers. Le cap des 6 milliards de passagers devrait être franchi en 2030 selon l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI).

« Un Français sur deux n’a encore jamais pris l’avion et seulement 20 % effectuent au moins un voyage par an. Par comparaison, l’avion en est aujourd’hui, en termes de croissance et de taux de pénétration, au même stade que le train en Europe en 1860 ! On peut dès lors lui prédire un bel avenir [3] ».



[1] Les Echos, Pourquoi le transport aérien a de beaux jours devant lui, (lien)

[2] Idem

[3] Idem